La revue Recma : Les associations entre indépendance et besoin de financement

Les associations ont-elles des marges d’autonomie dans la gestion de leurs relations avec les pouvoirs publics, quelle est la nature de leur délégation et comment leurs financements se greffent-ils autour de ces questions ?

 

 

C’est autour de ces thèmes que la Revue internationale de l’économie sociale (Recma) vient de publier un numéro intitulé Les associations entre indépendance et besoin de financement.

 

 

Le dossier de cette publication trimestrielle est construit autour de quatre chapitres qui traitent respectivement de la France, de la Hongrie, du Portugal et des organisations rurales dans les pays du Sud, en analysant les relations du secteur associatif avec les pouvoirs publics de chacun des pays concernés.

 

Dans le premier chapitre, Viviane Tchernonog, chargée de recherche au CNRS, étudie les évolutions du secteur et leurs financements entre 1999 et 2005 à partir d’une enquête réalisée auprès des

associations, financée notamment par le ministère de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative. Les résultats issus de ce travail soulignent qu’il y a une transformation du profil des bénévoles et que contrairement aux idées communément admises, nous assistons non pas à désengagement de l’Etat mais bien plutôt à une restructuration des financements publics liée en partie à la décentralisation, sur fond de montée en puissance du financement privé du secteur associatif (mécénat, ventes, adhésions, etc.). Le deuxième article consacré aux associations dans l’Hexagone rend compte des « impasses de la contractualisation du financement public ». Sous la plume de Pascal Perrot, enseignant chercheur au Cres Lessor de l’Université de Rennes-2, on y découvre notamment que le partenariat avec les pouvoirs publics se traduit de plus en plus par des « logiques de commande publique qui font l’impasse sur les besoins structurels et pérennes d’un grand nombre d’organisations associatives ».

 

 

Du côté de la Hongrie, l’auteure, Eva Kuti, professeure au Collège of management à Budapest, explique dans le deuxième chapitre de la revue, comment dans un contexte de démocratisation du pays, de réforme des services publics et de développement du secteur à but non lucratif, les associations ont du mal à « concilier besoin d’autonomie et besoin de soutien de l’Etat », cependant, « quand on a découvert que les organisations étaient des partenaires précieux dans le travail pour l’insertion sociale et la lutte contre le chômage, leur soutien public s’est intensifié ».

 

 

Dans le troisième chapitre consacré au Portugal, ce sont les associations de développement local ou initiatives de développement local (IDL) qui sont passées au crible par Alcides Almonteiro, professeur à l’université de Beira Interior. Les IDL qui ont connu une forte croissance au début des années 90, « sont reconnues et par l’Etat et par les populations » et jouent un rôle important « dans l’intervention pour le développement local ». Ces initiatives recouvrent différentes entités juridiques, associations, fondations, groupements coopératifs, etc., et oscillent « entre orientation instrumentale et orientation militante ». Dans le dernier chapitre de la revue internationale, Maxime Haubert, professeur émérite à l’institut d’étude du développement économique et social de l’université Paris I, se penche sur les organisations rurales dans les pays en développement qui ont connu une évolution marquée par deux grandes périodes, la mise en place d’organisations à l’initiative de l’Etat et un « renouveau organisationnel lié à la libéralisation économique ».

 

 

Les associations entre indépendance et besoin de financement , Revue Recma n° 309 de juillet 2008.