Souffrir au travail. Comprendre pour agir
L’ouvrage Souffrir au travail. Comprendre pour agir paru au mois de septembre, aux Editions Privé, repose sur un pari volontariste, « en comprenant mieux les causes des maux, il nous est possible de construire notre santé au travail », indique d’entrée de jeu l’auteur Dominique Huez, lequel est médecin du travail. Il a exercé depuis trente ans dans l’industrie automobile et nucléaire et a par ailleurs rencontré et écouté nombre de personnes, notamment lors de consultations hospitalières de psychopathologie. Fondé sur des témoignages très précis, liés à son expérience professionnelle, ce livre rend compte d’une souffrance au travail « vécue la plupart du temps dans la honte et la culpabilité ». C’est pourquoi il faut prévenir et agir.
Les différents chapitres qui structurent le livre racontent des histoires singulières. Certaines ont conduit au suicide, à des « syndromes somatiques », des dépressions, « la souffrance physique (pouvant) se doubler d’une souffrance psychique ».
En cause : trop de responsabilités qui finissent par être pesantes, des erreurs commises qui suscitent des sentiments de culpabilité, des sentiments de débordements, les surcharges de travail, l’agressivité des clients, la maltraitance morale, etc.
Pour enrayer cet ensemble d’éléments, parfois tragiques, l’auteur suggère des pistes d’action qui reposent sur « l’analyse des éléments d’organisation qui » ont pu les favoriser. Dans la deuxième partie du livre, Dominique Huez se penche sur l’observation des différents types de résistances des salariés à la douleur.
Formes de réponse à la souffrance, elles « peuvent protéger » mais aussi parfois elles peuvent être sources de difficultés. L’analyse de l’auteur se poursuit sous forme d’avertissement contre des « charlatans » qui interviennent dans les entreprises ne se préoccupant que très peu de l’organisation du travail, mais « davantage du profil psychologique de leurs salariés ». Au final, ce médecin du travail invite les managers à découvrir ce que pourrait être « un rôle » idéal en passant par exemple par l’organisation d’un « travail plus fluide (…), en laissant se développer librement le travailler des personnes ». Il nous incite également à « devenir maîtres de nos destins, à comprendre ce qui nous arrive, à nous, individus, mais aussi aux collectifs de travail auxquels nous appartenons ».
Souffrir au travail Comprendre pour agir. 186 pages. Prix : 17,50 euros. Ed. Privé.
