Les hauts et bas du chômage


28/01/2010

« La hausse du chômage fait une petite pause, note Libération du 28 janvier, le chiffre du mois de décembre a fléchi » En effet, « le nombre de demandeurs d’emplois en catégorie A (n’ayant pas travaillé durant le mois) a baissé (-18 700), notamment chez les jeunes, à 2,61 millions de personnes en métropole, une première depuis six mois ». Cette nouvelle est appréciée différemment : Les Echos du 28 janvier, note à ce sujet, que « comme l’hirondelle ne fait pas le printemps, « la bonne tendance » saluée par le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez , ne signifie pas forcément un renversement total de la mécanique du marché du travail, le gouvernement le sait bien ». Car « en 2009, la France a enregistré 407 200 chômeurs de catégorie A de plus, soit + 18,5 % (…) et les chiffres publiés hier montrent surtout une baisse du flux des inscriptions pour fin de CDD. Du côté des sorties, les reprises d’emploi continuent certes de progresser (+ 4, 7 % sur un mois, + 21,6 % sur un an), mais moins vite qu’en novembre et surtout octobre, où de nombreux emplois aidés ont été créés ».
Ces analyses qui invitent à la prudence font écho aux informations livrées dans Le Monde Economie du 19 janvier qui consacrait un dossier au « million de chômeurs en fin de droits en 2010 », selon les chiffres d’un rapport de Pôle Emploi, en indiquant dans leur titre que « si rien n’est fait, 600 000 d’entre eux n’auront aucune aide de l’Etat », car « seuls 38 % de ces fins de droit devraient bénéficier de la solidarité nationale (RSA et ASS). « Les syndicats pragmatiques veulent donc trouver des solutions provisoires pour tous ces exclus de l’assurance chômage ». Gabby Bonnand de la CFDT « suggère, en accord avec FO et la CGT d’assouplir les conditions d’accès des chômeurs en fin de droit à l’ASS – réservé actuellement à ceux qui ont travaillé au moins cinq ans les dix dernières années – et de proroger le dispositif équivalent retraite, sorte de pont entre assurance-chômage retraite.
Le contexte de déficit des publics, poursuit Le Monde Economie « pourrait paraître défavorable au financement d’une solution pour les chômeurs en fin de droits, à moins que l’Etat, prenant la mesure du risque social, ne considère cette dépense, comme un investissement ».