Un manifeste de l’Uniopss rappelle « la fonction politique » des associations


05/02/2010

Un manifeste a été présenté à l’occasion du congrès de l’Uniopss (Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires), qui s’est déroulé du 27 au 29 janvier, et qui a réuni 1 500 personnes. Elaboré avec la participation des Uriopss en région, des adhérents nationaux, et l’avis des congressistes *, ce manifeste « L’association, un membre vivant de la démocratie » n’arrive pas par hasard : « Les associations, indique l’Uniopss, sont plus que jamais mises en tension (…) entre les appels du marché et les volontés de l’Etat, entre des impératifs économiques, la nécessaire performance sociale et la place qu’elles doivent tenir dans le dialogue civil », c’est pourquoi il est plus que jamais nécessaire de « clarifier leur place dans la vie démocratique et dans le combat qu’elles mènent pour le développement de la solidarité »..

Le manifeste est structuré autour de deux grands thèmes.
Le premier thème rappelle que « l’association est deux fois un corps intermédiaire ». Pourquoi ? Parce qu’elle « assure une fonction d’intermédiation entre la personne et les autres, avec son environnement sociétal, avec le reste du monde » ; et deuxième argument, parce qu’elle est un « espace intermédiaire entre les deux grandes puissances que sont l’Etat et le marché ».

Le deuxième thème fait valoir que « l’association de solidarité s’inscrit à sa manière propre dans le champ des politiques publiques » parce qu’elle est « un des principaux acteurs des politiques publiques » et a « le devoir de « faire », mais aussi de dire ». Or, « dire » du social, sur fond de « débat sans contrainte avec les pouvoirs publics » donne aux associations de solidarité un rôle d’évaluation des besoins du terrain, d’analyse de la pertinence des propositions des pouvoirs publics, de réflexion prospective, etc. Parmi les obligations qui échoient aux associations de solidarité, souligne aussi le manifeste, figure le devoir « d’informer la société de la réalité sociale, rechercher sa participation active et lui communiquer ses valeurs du « vivre ensemble » qui sont les siennes ».

C’est pourquoi, cinq spécificités associatives découlent de ce point de vue : « L’association de solidarité a prioritairement le souci des plus fragiles et de leur dignité » ; « L’association de solidarité vit selon le principe de non-lucrativité, elle privilégie l’économie du don qui seule permet le développement de la relation » ; « L’association de solidarité a le souci d’entretenir, le moteur militant qui a été à son origine sans se laisser dominer par une dérive gestionnaire qui lui ferait perdre et son élan et son originalité » ; « L’association de solidarité doit conserver sa capacité historique d’initiative et d’innovation » ; « L’association de solidarité contribue à résoudre l’un des problèmes parmi les plus difficiles auxquels sont aujourd’hui confrontées les politiques sociales, qui est celui de la combinaison d’un traitement de masse et d’une individualisation des réponses ».



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* : Ces contributions seront disponibles à la fin du mois de février sur le site de l’Uniopss.