La réforme des retraites bientôt en négociation


12/02/2010

« Nicolas Sarkozy souhaiterait arbitrer sur la réforme des retraites dès juin, indique Liaisons sociales quotidien du 9 février, en faisant voter une loi courant juillet qui combinerait allongement de la durée de cotisation et report de l’âge légal de la retraite » Le quotidien social rapporte aussi que « Laurence Parisot présidente du Medef a déclaré à ce sujet « nous arrivons dans une impasse, on va se fracasser sur un mur » si le système des retraites n’est pas réformé, elle a aussi mis en garde contre le seul relèvement des cotisations pour améliorer le financement. « Il faut expliquer aux Français qu’augmenter les cotisations des entreprises va à nouveau affaiblir la compétitivité » et augmenter celle des salariés est néfaste « au moment où le pouvoir progresse peu ».

Du côté syndical, explique Les Echos du 5 février, « les deux leaders (François Chérèque et Bernard Thibault) se sont mis d’accord sur « la méthode et le calendrier » qu’ils défendront à la réunion d’agenda social du 15 février à l’Elysée. Malgré des vues assez éloignées sur le fond, ils sont convenus de commencer par unir leurs efforts pour parer au danger le plus immédiat : voir l’exécutif les déborder en menant la réforme au pas de charge entre les élections régionales de mars et l’été (…). Il faut un calendrier très clair sur la durée ».
Et d’ailleurs, la réunion préparatoire à ce sommet social du 15 février, qui a eu lieu le 8 février et à laquelle « FO n’a pas pris part et où la CFTC s’est fait représenter par un observateur, relate l’Agence éducation formation (AEF), a été l’occasion pour les organisations syndicales (CGT, CFDT, CFE-CGC, Unsa, Solidaires et la FSU) d’annoncer dans un communiqué commun « leur volonté que toutes les organisations syndicales n’accepteront pas une mascarade de concertation. C’est notamment la question des questions intergénérationnelles qui est posée. Elles ne se laisseront pas enfermer dans un calendrier et un débat qui ne prendraient pas en compte l’ensemble des questions, notamment le niveau de pensions, l’emploi, le financement et la pénibilité (…). Lors du sommet social le 15 février, les organisations syndicales exprimeront leurs exigences d’ouverture de vraies négociations sur ces sujets et de véritable dialogue social ».

Quelle que soit l’issue de ce sommet, « Nicolas Sarkozy sait qu’en ouvrant ce chantier aux lendemains des régionales qu’il se heurtera à une absence de consensus », observe un article du Monde du 9 février. Mais « convaincu d’avoir le soutien de l’opinion, il se fera fort de résister à la fronde syndicale (…) et d’être le président, qui aura réussi la réforme des retraites ». Une réforme dont les pistes ont été étudiées au préalable dans un rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) où il est souligné « qu’il n’y a pas de recettes miracles, note l’hebdomadaire Espace social européen et où le COR précise « qu’aucune technique ne permet en elle-même d’assurer le retour à l’équilibre financier d’un régime de retraite déséquilibré, notamment avec l’arrivée à l’âge de la retraite des générations nombreuses du baby boom. Le retour à l’équilibre repose dans tous les cas sur trois leviers : le niveau des ressources, le niveau des pensions et l’âge moyen effectif de départ à la retraite ».