Diversité et discriminations : les résultats sévères et contrastés de l’auto-diagnostic du CJDES
21/04/2010
Le Centre des jeunes dirigeants et des acteurs de l’économie sociale (CJDES) vient de livrer les statistiques d’un outil d’auto-diagnostic sur les discriminations et la diversité. Présenté sous forme de questionnaire en ligne, l’outil d’autodiagnostic, conçu par le CJDES, est ouvert à tous les acteurs des entreprises et associations souhaitant réaliser une évaluation des pratiques de leur structure et se sensibiliser aux questions de discriminations et d’égalité de traitement. Depuis 2008, environ 350 autodiagnostiques ont été réalisés. Cet outil concerne les associations, les entreprises de l’économie sociale, mais aussi des organismes publics et para-publics ainsi que des sociétés anonymes classiques. Les résultats, qu’il faut prendre avec circonspection, car ils « ne sont que l’agrégation des perceptions des utilisateurs », souligne le CJDES, sont intéressants à plus d’un titre et finalement peu surprenants : si les notes attribuées sont assez positives quant à « l’activité-produits » de l’entreprise ou de l’association, en revanche, elles sont sévères sur bien d’autres aspects, et tout particulièrement les procédures et la gouvernance, etc. Cependant les réponses au questionnaire laissent apparaître de meilleurs diagnostics dans le traitement de certaines discriminations.
Les utilisateurs appartiennent à différentes familles avec une forte présence associative
Les utilisateurs de l’autodiagnostic sont en grande majorité des acteurs des associations, 35 % en 2009. Et parmi les structures associatives représentées, on relève que le secteur le plus présent (39 %) est celui de la santé, de l’éducation et de l’action sociale. En revanche, les acteurs des entreprises de l’économie sociale (coopératives, mutuelles, fondations) sont, en 2009, 4 % pour les coopératives, 2 % pour les fondations et 8 % pour les mutuelles, à avoir répondu au questionnaire. Lequel semble avoir intéressé beaucoup plus des acteurs des organismes public ou para-public (12 %) et ceux des SA et SARL (19 % et 13 %).
Les notes sur les objectifs, les procédures et les résultats
On relève des notations relativement bonnes pour les organismes parapublics tant sur les objectifs que sur les procédures 6,7 et 5,3. Parmi les structures de l’économie sociale, on observera en ce qui concerne les objectifs que les associations, et les mutuelles obtiennent une bonne note respectivement 6, 5 et 7, 1. En revanche, pour les procédures, les notes s’affaiblissent dans les deux cas, on passe à 4 pour les associations et à 4, 4 pour les mutuelles. Cette différence de diagnostic porté entre les objectifs et les procédures s’avère, d’ailleurs presque identique pour les coopératives, les SA et les SARL. Au total, les notes attribuées par les utilisateurs sur les résultats effectifs de la lutte contre les discriminations et la diversité sont les suivants : 6, 2 pour les associations, 6, 9 pour les coopératives, 5, 8 pour les mutuelles.
Les discriminations dans les structures, quel point de vue ?
On notera qu’entre 2008 et 2009, la note s’est améliorée quant aux discriminations sur « les considérations physiques ». On est passé de 5, 3 à 6 et sur « l’âge », de 5, 2 à 6, 2. Ce « résultat, indique le CJDES est sans doute un impact direct de la loi sur les seniors ». Par contre, malgré un taux de satisfaction en croissance, la note concernant le genre n’a progressé que de 0,7 point (5,3 à 5,8) et celle sur les origines ne progresse que très peu, on constate une petite amélioration, puisque l’on va d’une note de 4,9 à 5,6.
Le diagnostic sur la gouvernance, les ressources humaines et l’activité-produits
Autre regard porté par les utilisateurs de l’auto-diagnostic contre les discriminations et pour la diversité sur les structures : la question de la direction politique de l’entreprise de l’économie sociale ou de l’association et la politique de recrutement, d’intégration et des carrières. Dans le domaine de l’accessibilité à la direction politique des entreprises de l’économie sociale ou de l’association, les résultats sont faibles, la note attribuée en 2008 s’élève en moyenne à 4 et en 2009 à 4, 2. Plus précisément, pour les mutuelles le résultat est de 3,9, pour les coopératives de 4,1 et de 4,3 pour les associations. Dans le domaine des ressources humaines, la politique de recrutement, d’intégration et des carrières, les chiffres sont meilleurs, en moyenne 4, 9 en 2008 et 5, 4 en 2009. En détaillant, on arrive à une note de 5,3 pour les associations, 5,4 pour les coopératives et 5,7 pour les mutuelles. Le diagnostic sur l’activité de la structure est dans l’ensemble positif : pour les coopératives, on arrive à un résultat de 5,2, pour les associations de 6,1, pour les mutuelles de 6,2. Ce sont les organismes publics ou para-publics qui tirent leur épingle du jeu avec un résultat de 6,7.
