Enseignements contrastés pour le premier baromètre sur l’emploi dans les services à la personne
02/06/2010
En publiant le premier baromètre de la qualité et de la professionnalisation des emplois de services à la personne, l’Agence nationale des services à la personne (ANSP) répond aux demandes gouvernementales qui figuraient dans le plan 2 des services à la personne. Etabli en 2009, ce plan comportait « une demande sur les « conditions réelles des emplois du secteur, en termes de qualité et de professionnalisation ». Les résultats de l’enquête réalisée en décembre 2009 et janvier 2010, à partir d’un échantillon représentatif de 1 400 personnes et 200 Organismes agrées services à la personne (OASP) font apparaître des caractéristiques assez contrastées, parfois positives, mais souvent aussi bien peu rémunératrices.
Les principaux enseignements
On y apprend tout d’abord que ces services constituent un ensemble homogène. Ils recouvrent onze activités qui « déterminent 6 catégories de salariés » : travaux ménagers et livraisons et repas (680 000), assistance aux publics fragiles (450 000), garde d’enfants à domicile (110 000), assistantes maternelles hors domicile (310 000), soutien scolaire et assistance informatique et administrative (50 000), travaux divers (70 000). On notera également dans cette photographie du secteur que ce sont majoritairement des femmes qui y travaillent (94 %) et que 60 % des salariés ont entre 40 et 59 ans.
D’autre part, la majorité des salariés d’organismes agréés sont également employés en direct par des particuliers employeurs.
On constate parmi les 114 000 salariés d’organismes agréés (OASP) cotisants à l’IRCEM (soit 40 % du total des 279 000 salariés d’OASP répertoriés en 2008) que 60 % d’entre eux sont aussi des salariés en emploi direct.
Des horaires bien partiels et multiplicité d’employeurs
Autres conclusions : la rémunération horaire est supérieure au Smic, avec une rémunération nette horaire de 10 euros, un niveau supérieur de 30 % à celui du Smic. Un chiffre atténué, quand on prend juste en compte la catégorie de personnel qui travaille dans les travaux domestiques et l’assistance aux publics fragiles, le taux horaire passant à 9 euros nets, un chiffre supérieur, toutefois de 18 % à celui du Smic.
Mais, les volumes horaires moyens s’élèvent à 22 heures hebdomadaires, ce qui signifie une rémunération moyenne mensuelle de 690 euros net. Et, près de la moitié des personnes salariées appartiennent à un ménage dans lequel ils représentent la seule source de revenus Le baromètre souligne d’ailleurs que si « 50% des salariés sont satisfaits de leur volume d’activité, l’autre moitié aimerait ajouter une dizaine d’heures à leur agenda ».
Pour avoir de meilleurs revenus, les salariés des services à la personne doivent augmenter le nombre d’employeurs auprès de qui ils sont salariés. Cette obligation est « une caractéristique majeure du secteur : un salarié en direct de particuliers employeurs travaille en moyenne pour 3,9 personnes (avec une très grande dispersion) ; un salarié d’organismes agréé travaille en moyenne pour 6,6 personnes ».
Dernier enseignement, les conditions de travail sont perçues assez positivement : globalement, trois salariés sur quatre ne souhaiteraient pas changer de secteur d’activité, cependant dans le personnel faisant du ménage et des livraisons de repas, ils sont 32 % (pour les salariés en emploi direct) et 36 % (pour les salariés des OASP) à souhaiter travailler dans un autre domaine. D’autre part, si 96 % des personnes interrogées se sentent respectées par leurs employeurs, elles sont 83 % à être préoccupées par l’absence de perspectives d’évolution les préoccupe.
