Réactions face à la réforme des retraites


18/06/2010

Dans Libération du 17 juin, l’éditorial du journal titré "Victimes", est affirmatif : « On peut tourner la question dans tous les sens, la conclusion s’impose d’elle-même : les classes populaires seront les premières victimes de la réforme des retraites. En repoussant de deux ans l’âge légal de départ, on touche par définition ceux qui commencent à travailler tôt, qui sont aussi les plus mal payés et dont l’espérance de vie, en moyenne, est la plus courte. ». Son de cloche approchant dans l’éditorial du Monde du 17 juin, qui explique et insiste : « La réforme annoncée mercredi 16 juin pèche par manque d’équité : elle prévoit le retour à l’équilibre dès 2018, repousse l’âge légal du départ en retraite à 62 ans et l’âge de départ à la retraite à taux plein à 67 ans. En privilégiant cette voie, le gouvernement pénalise les salariés qui commencent à travailler tôt ou les femmes, dont la vie professionnelle est morcelée. Face à cela, les mesures de justice son réduites à la portion congrue : taxation des hauts revenus et entailles dans le bouclier fiscal ne rapporteront que 230 millions d’euros, alors que les mesures sur l’âge doivent permettre d’économiser 19 milliards d’euros. La prise en compte de la pénibilité se fera de façon individualisée et limitée ». Ces propos font écho à une interview donnée au Figaro du 17 juin, dans laquelle, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque réagit en expliquant que « cette réforme est injuste et à court terme, quasiment une provocation. Le gouvernement justifie cette réforme par la crise, mais il refuse de toucher aux hauts revenus et du capital. 85 % de l’effort est supporté par les salariés via le passage à 62 ans et le relèvement des taux de cotisation des fonctionnaires »