Les seniors, variable d’ajustement des entreprises ?


07/07/2010

« Les préretaites publiques déclinent, mais d’autres solutions sont utilisées pour faire partir les salariés âgés, indique Le Monde du 23 juin. Déjà en baisse à la fin des années 1990, le nombre de personnes admises dans les préretraites publiques a dégringolé plus vite à partir de 2003 ; elles étaient d’un peu plus de 8 000 en 2008, contre près de 78 000 neuf ans plus tôt d’après une étude de la Dares publiée en 2009. Une tendance imputable « au resserrement des conditions d’accès et du financement public ». Cependant les choses ne sont pas si simples. « Qu’en est-il « des préretraites maison », poursuit le quotidien, la présidente de la CNAV, Danièle Karniewicz pense qu’elles ont diminué, notamment à cause de la taxation imposée aux employeurs », d’ailleurs « Philippe Pascual, le directeur général adjoint de BPI explique que ces « dispositifs coûteux » ont montré leur « effets néfastes sur le transfert des compétences dans les entreprises ». Toutefois, souligne l’article « une chose est sûre : des sociétés, souvent de dimension internationale, se séparent de leurs seniors quitte à débourser des sommes importantes ». Et aujourd’hui « d’autres solutions plus discrètes sont utilisées pour faire partir des seniors : créée en 2008, la rupture conventionnelle, qui permet de mettre fin au contrat de travail sur la base d’un commun accord commence à en faire partie (…) et certains plans de départ volontaires se traduisent par le départ « d’anciens » qui basculent à terme sur l’assurance chômage, observe Bruno Lemerle, responsable de la CGT sur le site du constructeur automobile PSA à Sochaux. « Cela s’apparente à la préretraite financée par les Assedic ». Tout en se gardant bien d’énoncer une telle conclusion, la Dares, dans son étude de 2009, constate néanmoins que la « forte diminution des entrées en préretraites publiques s’est accompagnée d’une augmentation très sensible du nombre d’entrées en chômage indemnisé des personnes de plus de 55 ans ».