ESS : Recherches & solidarités publie son enquête annuelle sur l’emploi


01/09/2010

Bien que ce soit surprenant, l’emploi dans l’économie sociale a progressé en 2009, tel est l’enseignement principal de l’enquête annuelle de l’association d’experts Recherches & solidarités « Bilan de l’emploi 2009 dans l’économie sociale ». Réalisée, comme les cinq autres précédentes, en coopération avec l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) et la caisse centrale de la MSA [1], cette étude apporte des éclairages régionaux tout à fait originaux qui révèlent un poids du secteur assez disparate selon les régions. Et détaille avec précision famille par famille, les effectifs de l’emploi, tout en pointant des changements en cours, notamment, dans les mutuelles.

Progression de l’emploi plus forte que dans le privé concurrentiel et légère augmentation des revenus
L’ES (associations, mutuelles, fondations et coopératives) représente 12 % du nombre de salariés et 10 % de la masse salariale distribuée. L’emploi y progresse plus vite que dans le secteur concurrentiel. On compte aujourd’hui dans ce secteur près de 200 000 établissements, 2 millions 300 000 salariés et une masse salariale de 49 milliards d’euros. Ces chiffres sont tous en augmentation : plus de 1 500 établissements ont vu le jour en un an, le nombre de salariés a crû de 1, 5 %, avec 35 000 emplois supplémentaires (dans les mutuelles et les associations, les coopératives perdant de l’emploi). L’augmentation de la masse salariale aura été de 3, 5 %, soit 1, 7 milliards d’euros de plus qu’en 2008. Le rapport entre la masse salariale et l’effectif salarié signifie donc que « le salaire moyen par tête a légèrement augmenté ».

Des poids bien différents par rapport à l’emploi total
Les associations représentent 83 % des structures de l’ES et 77 % du nombre de salariés avec un peu plus de 11 salariés chacune en moyenne, mais 52 % d’entre elles n’ont qu’un ou deux salariés. Elles comptent seulement 69 % de la masse salariale totale distribuée, « un chiffre inférieur à la part des salariés associatifs compte tenu du nombre de temps partiels proposés dans ce secteur », précise l’étude. Le poids de l’emploi par rapport à l’emploi total dans chaque famille de l’ES est le suivant : 9, 4 % dans les associations, 1, 7 % dans les coopératives, 0,8 % dans les mutuelles et 0, 3 % dans les fondations.

L’activité des associations et des mutuelles
Les données sur la répartition par secteur d’activité des associations laissent apparaître que c’est dans l’action sociale que l’on trouve le plus de salariés, 29, 6 %, et dans l’hébergement médico-social, 18 %. Mais ces éléments ne sont pas totalement certains car, comme le fait remarquer l’étude il y a « une mauvaise affectation d’un nombre non négligeable d’employeurs » qui concerne « près de 14 % des salariés ».
Autre observation, qu’en est-il de l’activité des mutuelles ? Ce sont les mutuelles de santé qui sont majoritaires, 71 % des établissements employeurs, qui emploient presque 82 000 personnes, suivies par les sociétés d’assurance mutuelles, 20 %, qui ont 24 561 salariés, et 3 % les assurances mutuelles agricoles, qui emploient 2755 salariés. Les auteurs de l’enquête notent qu’au cours de leur travail pour 2009, ils ont observé « dans le secteur mutualiste, des changements de statuts juridiques conduisant un certain nombre d’établissements à quitter le champ de l’économie sociale, tel que nous le définissons à partir des statuts ». Par exemple, on peut citer « des mutuelles devenues groupements d’intérêt économique ou d’autres encore, devenues autres sociétés anonymes à directoire ».

Un secteur plus ou moins important selon les régions
L’économie sociale revêt « un enjeu économique et social important » avec des variations fortes par département et régions. Ainsi, dans le Grand Ouest et sur un arc sud Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Alpes du Sud, elle représente plus de 16 % de l’emploi. Tandis qu’en Ile-de-France, par exemple, elle compte 9 % de la part de l’emploi. L’enquête fait aussi état des liens entre la densité de population et le dynamisme économique de la région : « Les 19 départements classés en tête pour un ratio élevé en termes d’emploi dans l’ES (plus de 15, 5 %) sont des départements peu peuplés et les 20 derniers (moins de 10, 8 %) sont très urbanisés » Et, quant au PIB, « le rapport entre les emplois de l’économie sociale et l’ensemble des emplois privés est inversement proportionnel à la valeur du PIB ».

[1] : Cette enquête a été soutenue par l’Association des régions de France et la Caisse des dépôts.


 

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Pour plus d’information : Téléchargez l’étude sur le site www.recherches-solidarites.org.