Une enquête Radio France sur le travail révèle insatisfaction et demande de sens


26/01/2012

En 2011, sur une période d’avril à septembre, Radio France a engagé une enquête sur « quel travail voulons-nous ? » et posé 76 questions à ses auditeurs qui ont été plus de 5 000 à répondre sur Internet. Laquelle était bâtie autour de douze thèmes : « Le sens du travail, les rêves, l’entrée dans le travail, la recherche du premier emploi, l’intérêt pour le travail, le travail et l’argent, les relations humaines au travail, les difficultés liées au travail, l’attente envers les syndicats et les politiques, le salariat, le chômage et la retraite ». 2 500 personnes ont écrit un commentaire en complément aux questions posées. Il y a davantage d’auditrices qui ont répondu, 55,1 %, et de personnes ayant un emploi, 91,9 %. Parmi les répondants, 67, 4 % sont très diplômés avec bac + 2 et plus. Peu d’ouvriers ont pris part à l’enquête 2, 2 %, alors que les cadres et les professions intellectuelles supérieures sont très présents avec un taux de 45,4 %.

Les points forts qui se dégagent de l’enquête

Seulement 30 % des répondants disent qu’au travail les choses se passent bien : 5 % indiquent que « c’est formidable », et 25 % répondent que « ça va ». Tandis que 70 % des personnes interrogées disent qu’elles sont insatisfaites : 27 % sont « fatiguées », 13 % considèrent que « c’est tellement dur qu’elles veulent partir », et 43 % souhaitent changer d’emploi. Par ailleurs 30 % ne sont pas contentes d’aller travailler le matin. A la question « que seraient les deux qualités principales du travail idéal ? » 48, 1 % des personnes souhaitent avoir un travail « qui permette de continuer à apprendre », pour 40, 6 % un travail qui « donne l’impression de réussir quelque chose » et pour seulement 10 % un travail qui « rapporte beaucoup d’argent ». « Parmi les difficultés que rencontrent les personnes au travail », relève Dominique Meda, sociologue dans Le Monde Economie du 24 janvier, partenaire de l’enquête de Radio France, une des personnes sollicitées pour analyser les résultats : « Les personnes en citent principalement : le manque de perspectives ; le manque d’effectifs et l’obsession de la rentabilité. Dans les témoignages écrits qui accompagnent les réponses, c’est une véritable explosion de colère et de désespoir : elles racontent comment la poursuite de la rentabilité et de la productivité à tout prix – y compris et surtout dans des secteurs où ce qui compte, c’est le contact, la prise en charge, le travail sur autrui, le service au public – détruit non seulement le sens du travail, mais plus généralement la possibilité même de faire un travail de qualité ». D’ailleurs ce n’est pas par hasard si à la question, « quelle est votre priorité dans votre vie ? Travail, Famille Loisirs ? », 12 % seulement des personnes qui ont répondu ont placé le travail en première position, alors que la famille est prioritaire pour 63 % des répondants, et les loisirs, pour 18 % d’entre eux.

puceviolettePour en savoir plus sur l’enquête, on peut se procurer les résultats et les commentaires, en achetant le livre « Quel travail voulons-nous ? » publié aux Editions Les Arènes/Radio France. Prix : 18, 50 euros.