Le sommet social sur l'emploi du 18 janvier


27/01/2012

Ce 18 janvier 2012, « Nicolas Sarkozy avait rendez-vous avec l’ensemble des partenaires sociaux. La gravité de la situation imposait, semble-t-il, cette rencontre autour de l’emploi » note la Une du 19 janvier de TSA (Travail Social Actualités). L’ensemble des partenaires sociaux, dont les représentants syndicaux, étaient présents pour participer à un sommet social pour l’emploi. Les questions du chômage partiel, de la formation des chômeurs, du financement de la protection sociale, de la taxe Tobin, des accords « compétitivité-emploi », et plus discrètement de la TVA sociale ont été traitées. Ces dernières ont plutôt converti ce sommet social en un « sommet sur la crise » comme l’exprime François Chérèque, président de la CFDT, sur le site Internet de la confédération.
Dans un contexte difficile, l’objectif annoncé par Nicolas Sarkozy à été le maintien des salariés en activité, « fût-ce en activité partielle »a aussi relevé le portail de la CFDT. Quatre mesures d’urgence et six réformes structurelles ont été adoptées, mais au final, comme le soulignent un article du Monde du 19 janvier, cet événement s’est plutôt présenté comme un exercice de communication où le président « annonce plus qu’il ne dialogue -, mais c’est un magicien de la mise en scène. ».
Des insuffisances dans ces réformes et mesures ont souvent été soulignées comme pour le financement du chômage partiel : Le Monde du 23 janvier expose dans une analyse avec Terra Nova qu’« une aide de 140 millions d’euros pour financer des mesures de chômage partiel […] C’est une excellente mesure dans son principe, l’exemple allemand a montré son efficacité en 2009 pour préserver l’emploi. Mais les Allemands avaient investi 6 milliards dans le dispositif – cinquante fois plus que le sommet pour l’emploi… »; ou encore sur l’embauche de 1000 Contrats à durée déterminée (CDD) pour Pôle Emploi, alors que la CFDT en réclamait 2000, et que donc cela « n’améliorera que très marginalement l’accompagnement des demandeurs d’emploi. », toujours dans le même article.
Les Echos du 19 janvier relève que les représentants syndicaux n’ont pas été foncièrement convaincus par cette mise en scène et restent dubitatifs quant à l’avenir. Même si des baisses des charges ont été décidées, pour l’embauche des jeunes par exemple, le fait que des sujets fâcheux comme la TVA sociale n’aient été que légèrement traités les laissent plein de doutes. Ainsi, dans cet article est notamment soulignée la déclaration du secrétaire général de la CGT Bernard Thibault : « s’attendre à une baisse rapide des charges des petites entreprises mais a pronostiqué une hausse de la TVA prenant effet après la présidentielle ».
L’article de TSA du 19 janvier a mis en avant que d’autres acteurs n’avaient pas été satisfaits par l’organisation de ce sommet social, n’y ayant pas été conviés : « Surtout, il y avait les invités, et les autres. Ceux qui auraient bien voulu faire entendre leur voix. Les régions, tout d’abord, fort surprises de ne pas être conviées. […] Autres mécontents : les chômeurs et leur mouvement, le MNCP (Mouvement national des chômeurs et précaires) […] Parmi les grands oubliés, les acteurs de l’IAE (insertion par l’activité économique) », tous concernés par cette situation et ces décisions.
Des articles du Monde et des Echos du 19 janvier ont aussi relevés les propos de M. François Hollande qui s’étonne de l’origine des 500 millions d’euros en crédits redéployés : « Je pense qu’il y a eu dans ce sommet des propositions qui sont très faibles : vous vous rendez compte ? 500 millions d’euros dans un moment d’urgence, et encore, en redéploiement », « Et ils étaient où d’ailleurs, ces crédits, comment n’étaient-ils pas utilisés ? Cela veut dire qu’on laissait dormir un certain nombre de crédits publics alors qu’il y a du chômage, alors qu’il y a des plans sociaux ». Ces articles soulignent les dénonciations de ce dernier quant au jeu d’acteur du président au cours de cette mise en scène qui lui a permis de pouvoir se déployer dans son élément et ainsi éviter tout sujet épineux.